
Outre son métier de professeur d'histoire-géographie au collège Maréchal Leclerc de Puteaux, Sébastien Roffat a conduit sa thèse de doctorat consacrée au dessin animé français sous l'Occupation. Il a publié en 2005 "Animation et Propagande : les dessins animés pendant la Seconde Guerre mondiale", en 2007 "Disney et la France : les vingt ans d'Euro Disneyland", en 2010 "Propagandes animées : le dessin animé politique entre 1933 et 1945".
Secrétaire de l'Association française du cinéma d'animation (Afca), il a collaboré à de très nombreux ouvrages collectifs en tant qu'historien, spécialiste du cinéma d'animation ainsi qu'à la rédaction d'articles dans des revues.
Il donne très régulièrement des conférences sur le cinéma d'animation en général, a participé à la rétrospective des Archives françaises du film à la cinémathèque française (50 ans de dessins animés français), répond très régulièrement à des sollicitations d'auteurs, journalistes et chercheurs étrangers (du Canada à la Hongrie en passant par l'Allemagne ou l'Italie) concernant le cinéma d'animation, et sera conseiller scientifique d'une exposition consacrée aux dessins animés de propagande pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a également été consulté par l'International Animation, Comic & Games Museum de Changchun en Chine.
Sébastien Roffat est enfin directeur de la collection "Cinémas d'animations" aux éditions L'Harmattan. Le premier titre de cette nouvelle collection est paru le 20 mai 2009. Il s'agit du "Langage comique de Tex Avery : dix ans de création à la MGM 1942-1951" de Pierre Floquet. Le deuxième ouvrage est paru le 25 janvier 2010 : celui de Stéphane Leroux consacré à Isao Takahata. Le troisième titre est sorti en deux volumes : Jérémie Noyer pour "Entretiens avec un empire. Rencontre avec les artistes Disney. Les grands classiques de l'animation". Volume 1 de Blanche-Neige et les Sept Nains à Tarzan et volume 2 : de Dinosaure à Toy Story 3. Sortie le 29 novembre 2010.
L'ouvrage de Pierre Floquet, Le langage comique de Tex Avery (2009) a obtenu le "2011 McLaren-Lambart award for the Best Scholarly Book on animation" : toutes mes félicitations à l'auteur !
Titre n°1 : Pierre Floquet : Le langage comique de Tex Avery. Dix ans de création à la MGM 1942-1951
Joe Adamson aux États-Unis, Robert Benayoun et surtout Patrick Brion en France ont, avec d'autres, su mettre en avant les talents de conteur et d'humoriste de Tex Avery, et faire exister ses films bien après sa disparition. Cet ouvrage prolonge leur œuvre ; il propose un décryptage des rouages complexes de la narration filmique propre à l'animateur. En s'inspirant de genres cinématographiques existants pour mieux s'en amuser et les dépasser, Tex Avery a créé un style original de cartoon. La logique, les récurrences, et les variations que le spectateur y trouve le guident à travers un chaos comique : Tex Avery parle à son public. Derrière la transparence et l'enchaînement des images se tisse un véritable langage comique.
Si le choix assumé par Pierre FLOQUET d'écrire une thèse d'anglais sur Tex Avery a pour un temps suscité l'incrédulité en France, il lui a vite garanti l'écoute de ses pairs à l'étranger. Depuis, maître de conférences à Bordeaux, il a élargi ses perspectives au cinéma direct anglo-saxon. Il reste néanmoins en contact étroit avec le monde de l'animation, mettant en place des rétrospectives et conférences sur Tex Avery, en étant jury de festivals, et en participant à des ouvrages, en Europe et au-delà.

Christian Viviani, "Notes de lecture", Positif, novembre 2009.
Ce livre reprend pour l'essentiel la thèse que Pierre Floquet avait consacrée au maître de l'animation en 1996, un travail dont la réputation excellente était jusqu'ici confinée aux milieux universitaires. Et c'est un vrai bonheur de voir l'oeuvre de Tex Avery mise ainsi au niveau qui est le sien, celui des plus grandes, et défendue avec un vocabulaire minutieux, érudit, mais jamais pédant ou rébarbatif,celui qu'on réserve en général aux meilleures études sur Hitchcock ou sur Rossellini.
Floquet ne traite que la période MGM (1942-1951), la plus riche et la plus créative d'Avery. On trouvera en annexe des tableaux précis et précieux qui répertorient les récurrences de certains gags et thèmes, ce qui convaincrait les plus réticents de la qualité d'auteur à part entière du cinéaste.
Auparavant, les films (que Floquet tonnait sur le bout des doigts) sont regroupés selon de grandes orientations. Par exemple, la course-poursuite réunit onze titres (dont ceux de l'écureuil fou) en un chapitre qui en examine la chronologie et l'esthétique. On trouve aussi des chapitres plus généraux qui synthétisent l'art d'Avery, et une troisième partie, sur l'organisation syntaxique du langage, dont la portée dépasse le cas unique : c'est un véritable trousseau de clés pour rendre compte du film d'animation (un exercice que, pour ma part, je trouve toujours très difficile) que Floquet propose. Enfin, une bibliographie sélective (passage, hélas, de plus en plus souvent omis dans les publications récentes) rend hommage à tous ceux qui, par les écrits pionniers, ont pavé le chemin pour cette somme. Ce livre est, à mes yeux,absolument indispensable, même si on se doit de regretter qu'une présentation austère, et dictée par la dure exigence économique et juridique qui maintenant gouverne les écrits de cinéma, nous prive de la moindre illustration. Il serait temps que l'on comprenne qu'un ouvrage de cinéma se doit d'être illustré et que les instances académiques cessent d'évaluer un travail sur le cinéma au volume de son texte : le choix d'une iconographie et son commentaire réclament souvent plus de recherche et de travail que la rédaction d'une analyse. L'édition de cinéma doit une revanche à I'ouvrage de Pierre Floquet : il faut qu'il soit un jour réédité avec les images qui l'ont si bien inspiré.
Titre n°2 : Stéphane Le Roux : Isao Takahata, cinéaste en animation. Modernité du dessin animé.
Ce premier volume consacré aux créateurs du studio Ghibli constitue un triple pari. D'abord, s'intéresser à Takahata, le moins identifié des deux auteurs dans le monde occidental, et privilégier l'origine de sa filmographie, surtout Hols [Horus], prince du soleil, œuvre « maudite » trop méconnue précipitant pourtant le dessin animé de long métrage dans la modernité. Ensuite, en tant que livre de cinéma à part entière, permettre aux amateurs, étudiants ou professionnels du monde de l'animation d'aiguiser leur regard quant à l'art de la mise en scène (cadrage, mouvement de caméra, scénographie, montage, etc.), une dimension souvent négligée dans les études et la presse dédiées à ce genre. Enfin, et c'est bien le plus audacieux, considérer ces artistes de dessin animé en tant que cinéastes véritables, au même titre que des auteurs de films en prise de vue réelle. Une fois décrites les ambitions réalistes de Takahata, à contre-emploi dans un genre a priori voué au conte et au merveilleux, un second volume se tournera vers Miyazaki. Il étudiera les fondements de sa poésie toute personnelle, alliant retour à l'imaginaire et acquis réalistes de son aîné, dont il a longtemps été l'assistant et le compagnon de route.
Stéphane Le Roux enseigne le cinéma en lycée et est chargé de cours à Rennes 2. Il assure fréquemment des formations dans les dispositifs d'éducation à l'image. Ce travail de doctorat est le fruit d'une rencontre imprévue entre un parcours de cinéphilie plutôt classique et une lointaine passion pour l'animation japonaise, découverte à l'heure du goûter à la télévision il y a bien longtemps...


Titre n° 3 : Jérémie Noyer : Entretiens avec un Empire : Rencontres avec les artistes Disney. Les grands classiques de l'animation. Volume 1 de Blanche-Neige et les sept nains à Tarzan. Volume 2 : de Dinosaure à Toy Story 3.
En 1937, Walt Disney disait à Aldous Huxley : « Nous essayons simplement de faire un bon film. Ensuite, les professeurs arrivent pour nous expliquer ce que nous faisons ! »
Entretiens avec un empire - Rencontres avec les artistes Disney / Les grands classiques de l'animation laisse de côté les discours magistraux pour mieux donner la parole à ceux qui créent la magie Disney. De Don Hahn à Pete Docter et d'Alan Menken à Randy Newman, ce second volume rassemble 30 entretiens originaux réalisés par Jérémie Noyer sur une dizaine d'années avec les plus grands artistes Disney, réalisateurs, producteurs, animateurs, compositeurs, etc. à propos de leurs expériences et de leur travail sur les plus grands dessins-animés du studio aux grandes oreilles, de Dinosaure à Toy Story 3.
Histoire de l'animation et anecdotes personnelles sont ici rassemblées dans une approche à la fois artistique, technique et humaine des grands classiques de l'animation.
Jérémie Noyer est docteur ès-Lettres et Arts, enseignant et journaliste. Après des débuts à Dreams Magazine, il rejoint Les Années Laser et le site anglo-américain AnimatedViews.com Ses entretiens sont régulièrement publiés sur son blog, media-magic.blogspot.com.
http://www.chroniquedisney.fr/bibliographie/bibliographie.htm
Le web amateur francophone est parmi le plus dynamique au monde sur l'univers Disney : beaucoup de sites de grande qualité s'y côtoient, en effet, chacun avec un angle d'analyse différent. Media Magic est l'un d'eux. Administré par Jérémie Noyer, il poursuit l'idée aussi folle qu'enthousiasmante d'interviewer tout le landerneau disneyen. Il prolonge ici son œuvre en librairie en proposant un premier volume de 36 entretiens avec des artistes exceptionnels. De Glen Keane à Andreas Deja et d’Alan Menken à Hans Zimmer sans oublier les frenchies Roger Carel et Richard Darbois, ce livre respire le savoir-faire et savoir-vivre disneyens. Il se dévore d'un trait et s'invite à la relecture, encore et encore... Le volume 2 des Entretiens avec un Empire est comme le précédent : terriblement addictif. Jéremie Noyer offre, en effet, à son lecteur l'incroyable privilège de redécouvrir une période où se côtoient les succès et les échecs du label Disney, avec un œil neuf, tout droit venu des protagonistes eux-mêmes. Les artistes livrent ainsi leurs ressentis et analyses, décortiquent leur savoir-faire et parti-pris dans un exercice touchant d'ouverture au public. De Pete Docter à Don Hahn et de Randy Newman à Chris Sanders en passant par Ron Clements, difficile de ne pas être comblé par ces 30 nouvelles interviews plus passionnantes les unes que les autres...

Titre n°4 : Frédéric Clément, Machines désirées : la représentation du féminin dans les films d'animation Ghost in the Shell de Mamoru Oshii
Quels parallèles peut-on tisser entre la construction du corps cyborg et la construction du féminin au cinéma ? Au contact des films d'animation de science-fiction Ghost in the Shell et Ghost in the Shell 2 : Innocence du réalisateur japonais Mamoru Oshii, cet ouvrage cherche à éclairer les fonctionnements de ces constructions, mais aussi à identifier les mécanismes du désir associé au corps artificiel et au corps féminin. Que reste-t-il du désir et de l'identité à l'époque de leur reproductibilité technique ?
Par des emprunts allant de L'Eve future du romancier Villiers de l'Isle-Adam aux créations érotiquement inquiétantes de l'artiste surréaliste allemand Hans Bellmer, ces films mettent en scène toute une ménagerie du désir qui problématise la représentation du féminin dans le cinéma d'animation japonais contemporain, notamment en abordant l'invisibilité des sexes dans les animé ainsi qu'en critiquant l'érotisation accrue des corps d'enfants par le complexe de Lolita.
Frédéric Clément est doctorant en études cinématographiques à l'Université de Montréal. Ses recherches actuelles portent, entre autres, sur l'héritage du cinéma d'animation retrouvé dans les jeux vidéo, de même que sur la représentation des femmes au cinéma, en animation et dans les bandes dessinées.


Titre n°5 : Stéphane Le Roux, Hayao Miyazaki : cinéaste en animation. Poésie de l'insolite.
Ce deuxième ouvrage dédié aux créateurs du studio Ghibli, après un premier abordant Isao Takahata, s'intéresse naturellement à Hayao Miyazaki. Il peut alors être envisagé en tant que monographie à part entière sur celui qui apparaît aujourd'hui comme le créateur de films d'animation le plus salué de par le monde. L'étude est centrée sur l'élaboration de son style cinématographique et l'émergence de sa poésie singulière, depuis ses débuts au studio de Tôei à la consécration de Mon voisin Totoro, qui fait l'objet d'une longue analyse. Sont aussi abordés des travaux épars, télévisuels (Sherlock Holmes), voire des projets inaboutis (ébauches de Nausicaa ou de Mononoké), et ses œuvres contemporaines jusqu'au Voyage de Chihiro. Mais ce livre est aussi et surtout le prolongement d'une réflexion amorcée dans le premier volume sur Takahata, autour des questions générales de la mise en scène en dessins animés et de la recherche d'un certain réalisme dans un genre de cinéma a priori voué au pur imaginaire. Or, notre thèse quant au secret de l'art de Miyazaki, pas si répandue que cela dans la communauté des fans ni sous la plume des critiques, est bel et bien ce rapport ambigu qu'entretient son univers animé avec le concret, le quotidien, s'invitant de manière insolite dans des récits empreints d'aventure et d'enchantement.
Stéphane LE ROUX enseigne le cinéma en lycée et est chargé de cours à Rennes 2. Il assure fréquemment des formations dans les dispositifs d'éducation à l'image. Ce travail de doctorat est le fruit d'une rencontre imprévue entre un parcours de cinéphilie plutôt classique et une lointaine passion pour l'animation japonaise, découverte à l'heure du goûter à la télévision il y a bien longtemps..
Titre n°6 : à paraître au premier trimestre 2012. Ouvrage coordonné Patrick Barrès et consacré à Georges Schwizgebel.